La capoeira angola représente bien plus qu'un simple art martial brésilien. Elle incarne l'essence d'une culture, la mémoire d'un peuple et la résistance d'une tradition séculaire. Au cœur de cette discipline se dresse une figure monumentale qui a consacré sa vie à préserver et transmettre cet héritage précieux, transformant une pratique marginalisée en un patrimoine culturel reconnu mondialement.
Les origines et la formation d'un maître légendaire
L'enfance à Salvador de Bahia et la découverte de la capoeira
C'est le 5 avril 1889 que naît à Salvador de Bahia celui qui deviendra l'un des plus grands gardiens de la capoeira angola. Fils d'un père espagnol et d'une mère qui gagnait sa vie en vendant de l'acarajé dans les rues animées de la capitale bahianaise, le jeune garçon grandit dans un environnement marqué par la diversité culturelle et les difficultés économiques. Son enfance connaît un tournant décisif lorsqu'il se trouve confronté à un tyran du quartier qui le persécute régulièrement. Face à cette situation difficile, un voisin africain prend l'initiative de lui enseigner l'art de la capoeira pour qu'il puisse se défendre.
Cette initiation précoce à la discipline marque le début d'une passion qui ne s'éteindra jamais. Malgré les défis du quotidien, le jeune pratiquant se forge dans les rues de Salvador, où la capoeira représente à la fois un moyen de survie et une expression culturelle profondément enracinée dans l'identité afro-brésilienne. Pour subvenir à ses besoins, il exerce de nombreux métiers variés, alternant entre cireur de chaussures, vendeur de journaux et tailleur, tout en continuant à pratiquer et perfectionner son art avec détermination.
L'apprentissage auprès des anciens maîtres africains
À l'âge de huit ans, le destin place sur son chemin Mestre Benedito, un maître africain qui devient son mentor et lui transmet les secrets de la capoeira angola dans sa forme la plus pure et traditionnelle. Cet apprentissage va bien au-delà des simples mouvements physiques. Il s'agit d'une immersion totale dans une philosophie de vie, un système de valeurs et une vision du monde héritée des ancêtres africains. Pendant des années, le jeune élève absorbe non seulement les techniques de combat et les rituels, mais aussi la musicalité essentielle de la discipline, notamment le maniement du berimbau, instrument emblématique de la capoeira.
Son parcours professionnel l'amène également à devenir marin pendant huit ans, une expérience qui élargit ses horizons et renforce son caractère. Il joue également au football et occupe divers postes, dont celui d'agent de sécurité, accumulant une richesse d'expériences qui nourriront plus tard sa compréhension profonde de la nature humaine et de la société brésilienne. Ces années de formation diversifiée lui permettent de développer une vision unique de la capoeira comme art complet, fusionnant discipline physique, expression artistique et sagesse ancestrale.
La création du Centro Esportivo de Capoeira Angola
La fondation de l'académie emblématique au Pelourinho
En février 1941, une date historique pour la capoeira angola, il concrétise son rêve en fondant le Centro Esportivo de Capoeira Angola. Cette académie devient rapidement bien plus qu'un simple lieu d'entraînement. Elle se transforme en véritable temple de la tradition, où les valeurs ancestrales sont transmises avec rigueur et respect. Située dans le quartier historique du Pelourinho à Salvador de Bahia, l'académie attire des pratiquants de tous horizons, désireux d'apprendre la capoeira dans sa forme la plus authentique.
L'une des innovations majeures introduites par le maître consiste en la professionnalisation de l'image de la capoeira. Il instaure un uniforme distinctif composé d'un pantalon noir et d'un t-shirt jaune, reprenant les couleurs de l'équipe de football Yipiranga Futebol Clube. Ce choix vestimentaire dépasse la simple esthétique, il confère à la discipline une identité visuelle forte et contribue à sa légitimation comme pratique culturelle digne de respect. Les vêtements capoeira deviennent ainsi un symbole d'appartenance à une communauté et d'engagement envers une tradition séculaire.
La préservation des rituels et des instruments traditionnels
Au sein de son académie, chaque séance de capoeira angola débute et se termine par des rituels précis qui rappellent les origines africaines de la discipline. Le son du berimbau rythme les mouvements dans la roda, ce cercle sacré où les capoeiristes dialoguent à travers leurs gestes. Le maître veille scrupuleusement à ce que les accessoires capoeira traditionnels soient utilisés avec respect et que leur fabrication suive les méthodes ancestrales. Les instruments ne sont pas de simples objets, ils portent en eux l'âme de la capoeira et constituent le lien vivant avec les générations passées.
L'enseignement dispensé dans cette académie embrasse tous les aspects de la culture brésilienne et du patrimoine afro-brésilien. Au-delà des techniques martiales, les élèves apprennent les chants en portugais qui racontent l'histoire de la résistance des esclaves, les rythmes complexes qui guident les mouvements, et la philosophie de vie qui fait de la capoeira un art de vivre à part entière. Cette approche holistique garantit que la transmission ne se limite pas à la reproduction mécanique de mouvements, mais englobe la compréhension profonde d'un système culturel complet.
En 1964, le maître publie le livre Capoeira Angola, ouvrage fondamental qui documente pour la première fois de manière systématique les principes et l'histoire de cette tradition. Cette publication représente un tournant majeur dans la reconnaissance de la capoeira comme discipline digne d'étude académique et patrimoniale. L'année suivante, il enrichit la littérature spécialisée avec Herança de Pastinha, consolidant ainsi son rôle d'historien et de théoricien de son art.
L'héritage culturel et philosophique d'une légende brésilienne

La transmission des valeurs ancestrales de la capoeira angola
La reconnaissance internationale arrive en 1966 lorsque le maître est invité à représenter le Brésil au Festival Mundial de Arte Negra à Dakar, au Sénégal. Cette participation au festival marque un moment historique, car elle place la capoeira angola sur la scène mondiale comme expression artistique majeure de la diaspora africaine. Le voyage à Dakar symbolise également le retour symbolique aux racines africaines de cet art martial brésilien, renforçant les liens culturels entre le Brésil et le continent africain.
Malgré cette reconnaissance, le parcours du maître connaît des épreuves difficiles. En 1973, il subit l'une des plus grandes injustices de sa vie lorsqu'il est expulsé des locaux de son académie, qui sont transformés en restaurant. Cette perte dévastatrice le plonge dans une précarité financière, le forçant à vivre de la vente d'acarajés dans les rues, comme sa mère avant lui. La cécité vient s'ajouter à ses difficultés, mais même privé de la vue, il continue à transmettre son savoir et à incarner les valeurs de dignité et de résilience qui caractérisent la capoeira angola.
L'influence durable sur les générations de capoeiristes
Le 13 novembre 1981, le maître s'éteint dans la pauvreté et l'obscurité physique, mais son héritage spirituel et culturel rayonne plus que jamais. Sa vie entière, consacrée à la préservation et à la transmission de la capoeira angola, a permis à cet art de survivre aux pressions de la modernisation et de la commercialisation excessive. Les principes qu'il a défendus continuent d'inspirer des milliers de pratiquants à travers le monde, qui perpétuent son enseignement dans des académies portant son nom ou s'inspirant de sa méthode.
Aujourd'hui, son influence se manifeste de multiples façons dans la communauté internationale de la capoeira. Des associations comme Cadencia de Jogar et d'autres groupes dédiés à la capoeira angola maintiennent vivante sa philosophie, organisant des cours, des événements et des formations qui respectent les traditions qu'il a préservées. La culture brésilienne reconnaît désormais pleinement la contribution de ce gardien exceptionnel, et son image orne de nombreux produits culturels, des t-shirts capoeira aux mugs, témoignant de la popularité durable de son héritage.
L'uniforme jaune et noir qu'il a institué est devenu un symbole universel de la capoeira angola authentique, porté avec fierté par des pratiquants de tous âges, des bavoirs bébé capoeira en coton bio aux sweats à capuche pour adultes. Les boutiques en ligne spécialisées proposent ces vêtements et accessoires, souvent avec livraison gratuite et paiement sécurisé, permettant aux passionnés du monde entier d'afficher leur appartenance à cette tradition. Des slogans comme JePeuxPas J'ai Capoeira ou I Love Capoeira célèbrent l'engagement des pratiquants envers cet art, perpétuant ainsi l'esprit communautaire que le maître a cultivé tout au long de sa vie.
La reconnaissance posthume de son œuvre s'est considérablement accrue au fil des décennies. Le Centro Esportivo de Capoeira Angola, bien que physiquement disparu, continue d'exister comme concept et inspiration pour d'innombrables écoles à travers le monde. Son approche pédagogique, qui insistait sur la compréhension profonde plutôt que sur la performance spectaculaire, a formé une lignée de maîtres qui perpétuent cette vision exigeante et respectueuse de la tradition. La livraison internationale de matériel pédagogique et d'accessoires capoeira facilite aujourd'hui la diffusion mondiale de cet héritage, permettant même aux pratiquants isolés d'accéder aux instruments et vêtements traditionnels.
L'histoire de ce gardien de la tradition résonne particulièrement à l'époque contemporaine, où la préservation des patrimoines culturels immatériels devient une priorité mondiale. Son combat pour maintenir l'authenticité de la capoeira angola face aux pressions commerciales et aux simplifications abusives reste d'une actualité brûlante. Les services après-vente proposés par les associations et boutiques spécialisées témoignent de l'attention portée à la qualité et à l'authenticité des produits liés à la capoeira, reflétant l'exigence du maître envers tout ce qui touchait à sa discipline bien-aimée.






















